La béatitude
La sagesse, pourtant difficimle d’accès, est la seule voie vers le bonheur.
J’en ai fini par là avec tout ce que je voulais montrer concernant la puissance de l’Esprit sur les affects et la Liberté de l’Esprit. D’où il appert combien le Sage est puissant, et plus puissant que l’ignorant, qui agit par le seul caprice.
L’ignorant, en effet, outre que les causes extérieures l’agitent de bien des manières et que jamais il ne possède la vraie satisfaction de l’âme, vit en outre presque inconscient de soi, de Dieu et des choses, et dès qu’il cesse de pâtir, aussitôt il cesse aussi d’être.
Alors que le sage, au contraire, considéré en tant que tel, a l’âme difficilement émue ; mais, étant, par une certaine nécessité éternelle, conscient de soi, de Dieu et des choses, jamais il ne cesse d’être, mais c’est toujours qu’il possède la vraie satisfaction de l’âme.
Si maintenant l’on trouve très difficile le chemin que j’ai montré y mener, du moins peut-on le découvrir. Et il faut bien que ce soit difficile, ce qu’on trouve si rarement. Car comment pourrait-il se faire, si le salut se trouvait sous la main et que l’on puisse le découvrir sans grand labeur, que tous ou presque le négligent ? Mais tout ce qui est remarquable est difficile autant que rare.
L'essentiel
L’Éthique est un ouvrage sur la distinction sur l’ignorance et la sagesse. Et ce texte est un résumé de cette opposition de concepts.
D’un côté, l’ignorant est dominé par ses passions et les influences extérieures, ce qui l’empêche d’atteindre une véritable paix intérieure.
De l’autre, le sage, au contraire, comprend la nécessité des choses, a conscience de lui-même (et de sa relation à la nature) et accède à une satisfaction durable de l’âme.
Spinoza affirme ainsi que la liberté ne consiste pas à agir selon ses caprices, mais à vivre selon la raison.
Des ressources pour aller plus loin
La joie du sage
« Cet être éternel et infini que nous nommons Dieu ou nature agit comme il existe, avec une égale nécessité. »





